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Horreur de l'agriculture extensive expliquée par Daft Punk

Il y a un mois environ, les promoteurs du dernier album de Daft Punk ont mis à la disposition du public quelques centimètres carré d'un jardinet nommé Get Lucky. Un jardinet donnant un fruit plutôt réussi, plutôt sympathique, plutôt savoureux.

Hélas, ce petit lopin sur lequel pousse la musique a été depuis un mois labouré comme si sur un espace sonore aussi réduit, juste un titre, on pouvait pratiquer l’agriculture extensive, engranger d'ores et déjà des bénéfice à venir.

Le titre si prometteur et si promoteur a donc été diffusé, copié, parodié, décliné, commenté jusqu'à saturation du sol pourtant fertile au départ. Le groupe a fait toutes les unes, toutes les pubs et toutes les façades, tous les reportages, les deux casques mythologiques sont partout. Pendant ce temps, tous les laboureurs du monde ont continué d’exploiter le petit lopin de terre Get Lucky.

Le résultat ? A sa sortie, l’album est comme une terre trop cultivée, trop utilisée, trop exploitée. Il est déjà fatigué de la critique, un poil déçue et notre curiosité pour lui s’est émoussée. Cette histoire de promotion mondiale ressemble à une fable de Lafontaine. Mais ça n’est pas le laboureur et ses enfants.

Non c’est une métaphore sur l’exploitation intensive dans l’économie médiatique moderne. Un fruit bourgeonne, il a du goût, il est joli à regarder, immédiatement, le terrain sur lequel il a poussé est surexploité, surmédiatisé jusqu’à l’assèchement, jusqu’à l’épuisement de cette petite terre féconde. On me dit même qu'une chanson de slip a fait plus de téléchargement le jour de sa mise en ligne. Le résultat est inversement proportionnel à l’effet attendu. La terre qui a trop donné, se révèle infoutu de laisser pousser d’autres fruits.

C’est aussi une autre façon d’expliquer la loi des rendements décroissants et le court-termisme. Toujours plus, toujours plus tôt, toujours plus vite au risque de tout perdre.

Evidemment, les Daft Punk n’en mourront pas.

Nous peut-être.