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Jérôme Cahuzac et la relativité

Guy ce matin dans son édito du Huffington Post a montré d’où venait le mot répugnant dans l’interview donné par J. Cahuzac à RTL. Guy explique que l’emploi de ce mot fort est une réponse à ce qu’Alain Duhamel a dit de cahuzac antérieurement sur la même antenne, il avait également utilisé le mot répugnant. Ce qui est également intéressant dans les prises de parole de J. Cahuzac, c’est sa manière d'analyser et de qualifier ce qu’il a fait ou n'a pas fait, lui.

C’est sa façon de relativiser.

Dans cet entretien, l’ancien Ministre du Budget dit également ceci « Si je suis répugnant, que dire de Marc Dutroux ». Cette arrivée inopinée de Marc Dutroux me renvoie juste à une autre tirade de J. Cahuzac citée dans le Figaro dernièrement : "c'est moins grave de mentir pendant 15 secondes devant 577 députés que de mentir depuis un an sur l'état de la France, comme le fait François Hollande".

Le point commun entre ces deux sorties, c’est que Jérôme Cahuzac a du mal à considérer le monde en valeurs absolues. Il ne le voit qu’en valeurs relatives. S’il a menti, il y a plus menteur que lui. S’il est répugnant, il y a plus répugnant encore. S’il a détourné de l’argent de l’impôt il n’a pas dissimulé au fisc « plus de 685 000 euros » et enfin l’ancien ministre déchu pose cette question « Ma vie se résume-t-elle à ce mensonge ». Cette façon de penser, de se justifier et de s’expliquer trahit, il me semble, une pensée presque enfantine.

Je n’aime pas tirer sur les ambulances, j’aime seulement comprendre les comportements et notamment la psychologie des personnalités qui sortent de l’ordinaire. Cette manière qu’à J. Cahuzac de nous éclairer sur ce qu’il est, cette façon de comparer et de relativiser ce qu’il a fait me paraît bien légitime pour un homme qui se défend mais elle me rappelle aussi ces écoliers qui rapportent un 5 de l’école et qui se justifient en arguant qu’il y a eu aussi des élèves qui ont eu un 3 ou un 0. Il faut alors leur expliquer que ce n’est pas parce qu’il y a eu un 3 ou un 0 dans la classe que le 5 est une bonne note ou qu’il est tolérable.

La pensée relative permet des comparaisons, elle permet d’être curieux de ce qui se fait ailleurs, en revanche elle empêche de définir des principes, de poser des repères, des tabous. Dans le cas de l’ancien ministre, la comparaison, la relativisation ont non seulement quelque chose de puérile mais elles montrent que la question du devoir et de la confiance conférés à un élu, un ministre, un dirigeant restent pour l’intéressé des valeurs relatives et non des valeurs absolues.

C’est un problème.