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Gala

Gala. Rien que le mot c’est rigolo. Quand j’étais plus jeune il n’y avait pas de Gala. Je veux dire le Gala de série américaine. Où les filles choisissent leur robe 2 mois à l’avance et où les garçons mettent un nœud papillon. Invité à parrainer une table hier soir, je vais donc au Gala avec ma cravate. Le Gala de son école 20 ans après c’est une joie et une souffrance comme dit Depardieu dans Le Dernier Métro.

C’est une joie d’être là mais c’est une souffrance parce qu’on n’y reconnaît plus personne. Des vingtenaires partout que j’ai du mal à distinguer des profs. Ah si lui, je le connais, c’est Jacques Attali qui revient de son débat avec Mélenchon et qui cause dans le brouhaha. Deux ou trois visages connus dont celui de Frédéric Mion, nouveau patron de l’école ou de Bruno Patino, un ou deux alumnis, la responsable des anciens (pas du tout ancienne d'ailleurs) et c’est fini. Circulez, y’a plus personne à reconnaître, juste des Y, partout des Y. Des Y à talons perchées, des Y à nœud papillon, des Y barbus, de plus en plus, des Y Bimbo, des Y de toutes les couleurs, des Y jolies, de beaux Y, des Y et des bientôt des Z.

Une explosion de beauté, de sève et d’intelligence, de regards sûrs et d’éclats de rire et de hugs made in USA. Les souvenirs reviennent. Quel étudiant ai-je été ? Ennuyé, ennuyeux, j’ai dû passer au travers sans vraiment en profiter, ni coincé, ni exalté. J'ai pas su m'amuser vraiment (que je dis maintenant...). Ca me fait le même effet quand je retourne à Marseille dans le quartier où j’ai grandi ado. Je cherche, je cherche et je rame, boulevard Périer, sur du vague à l’âme. Mais non. Ca ne revient pas. Jamais.

J’ai quand même un point commun avec ma tablée de Y (que des filles !) : les photos sur smartphone, les photos sur Twitter. Sur leur planète comme sur la mienne on se prend en photo et on rit. Alors va pour une photo de filles. Pas eu le temps de vraiment leur parler. Si, il y a une question sur le... chômage, ce nuage gris immense qui les attend, eux aussi, même s’ils sont privilégiés. Ca n’a pas l’air de les effrayer, ils sont nés dans ce merdier, auront les moyens de s’en sortir. On me demande un conseil, je ne sais pas quoi répondre. Accrochez-vous… S’accrocher, à quoi exactement ?

Ce qui a changé entre mes 20 ans et les leurs ? C’est moi. Je les trouve gentils, souriants, bien élevés. Il faut avoir 40 ans pour aimer les jeunes gens. Quand on est jeune on s’en fout un peu des jeunes. Quand on a le double de leur âge, on les regarde comme des coquelicots (ou de belles pommes). Hélas, pas le temps de réfléchir à tout ça.

Café.

Trop de bruit, trop de monde, le Gala dynamité, le vrai, l’explosif, c’est plus tard m’explique-t-on, le temps de démonter les tables, d’installer la piste ! Dans une demi-heure, les masques vont tomber, les starlettes se transformer en diablesses, les jeunes Milords en vampires. Ca va devenir vertical tout ça les décolletés plongeront, les papillons se poseront et le champagne coulera.

Quand le Daft Punk explosera sous les spots, je serai déjà au lit.