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François Jacob, du mariage à la science pour tous

De temps à autre, il faut faire causer les morts. Ca peut aider à comprendre le présent. Ca peut même faire du bien aux vivants, aux vivants qui manifestent même... Si vous regardez la vidéo qui est , vous entendrez François Jacob, prix Nobel de médecine en plein RIP sur Twitter, résumer en 15 secondes la querelle de la nature contre la culture, de l'inné contre l'acquis. C’est bien de l’entendre ainsi résumer cela car c’est très moderne. En 15 secondes, l’auteur de La logique du vivant dit ceci :

Il y a une chose qui me frappe. Depuis très longtemps, depuis le 17e siècle on est passé d’un extrême à l’autre. Entre l’antagonisme nature et culture, entre l’acquis et l’inné, on est passé à tout nature à tout culture. La façon de raisonner se transforme. L’inné et l’acquis, ne s’opposent plus comme pendant des siècles mais ils se complètent.

C’est une phrase très importante de la part du scientifique et elle résonne parfaitement dans l’actualité d’aujourd’hui et d'hier. Que dit-elle ? Elle dit que certes nous sommes notre héritage génétique, ce que la nature a fait de nous, mais nous sommes également ce que la culture a fait de nous. Et François Jacob renvoie dos à dos l’inné et l’acquis, aucun des deux n’a pris le pas sur l’autre. C'est évidemment une querelle scientifique dépassée depuis longtemps mais c'est surtout une querelle politique qui traîne, qui traîne : l'homme serait bon ou mauvas par nature, il serait perfectible par l'éducation, toujours.

La science sait désormais que les facteurs de l'inné et de l'acquis se combinent, qu’ils se complètent pour construire un individu qui est alors le produit de ses gênes, de sa culture, de son éducation et de ce qu’on a bien voulu lui transmettre socialement.

Au lendemain d’une manifestation qui explique à qui veut l’entendre qu’il est des alliances contre nature, qu'un être humain c'est d'abord un père et une mère, je me demande si François Jacob n’a pas fait exprès de nous quitter cette nuit pour nous renvoyer à nos chers études, autrement dit à la science, la science pour tous.