Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

J’ai participé hier au plus bel éloge qui soit de la masturbation. La vraie. Un éloge libertaire, émancipateur et inspiré par la critique conservatrice de l'inutilité des réseaux sociaux. C’était lors la Cité de la Réussite à la Sorbonne, nous terminions avec les intervenants (Carole Zibi LinkedIn, Axal Dauchez Deezer, François Candelon BCG, Arnaud de Saint-Simon PsychoMag et Michel Maffesoli Sorbonne) une discussion sur « Internet et réseaux sociaux : nos vies en partage ».

A plusieurs reprises, les étudiants de l’assistance avaient critiqué le média de leur génération : ne risque-t-il pas d’isoler ce qui s’en servent ? Ne va-t-il pas leur donner l’illusion d’une vie sociale ? Sans doute un poil agacé par le conservatisme des étudiants, le sociologue Michel Maffesoli s’est livré à une vibrante apologie de l’onanisme.

Je ne crois pas simplifier sa pensée en la résumant ainsi. On parle des réseaux sociaux comme de la masturbation. Les réseaux sociaux isoleraient de la réalité, du travail, de la vraie éducation et qui plus est ils donneraient l’illusion de la véritable relation. En bref les réseaux sociaux détourneraient les jeunes gens, et bien sûr les adolescents des activités traditionnellement utiles à la maturité sociale. Dans la société judéo-chrétienne, on a toujours condamné la masturbation en lui faisant des reproches comparables à ceux qui sont aujourd’hui adressés aux réseaux sociaux. La masturbation isolerait, elle détournerait l’homme de son rapport créateur, elle l’empêcherait de véritablement réserver sa semence et son énergie à la reproduction de l'espèce. Dans le même temps Maffesoli a expliqué qu’en diabolisant les réseaux sociaux, la critique moderne continuait à diaboliser l’image pointant un travers ancien des sociétés monothéistes qui se sont toujours méfiées des représentations et des images. Il a ajouté que de ce point de vue masturbation et réseau sociaux étaient les meilleurs moyens de s'émanciper de la contrainte liberticide.

Bref ce qui m’a frappé hier, c'est que c'est le professeur à cheveux blanc qui a dû expliquer à des étudiants de 20 ans qu'il fallait avoir confiance dans le média internet dans lequel ils sont nés, qu'il a fallu que ce soit le Pr en Sorbonne qui les enjoigne de ne pas réagir comme leur parents, que ce soit cet éminent universitaire qui les incite à ne pas se défier de la masturbation. Sans excès de sérieux et 45 ans après 1968, nous avons conclu ce forum en évoquant l’intérêt de lier onanisme et  personal branling devant une foule gaie et studieuse laquelle fut enchantée du mot d'ordre de fin : "Vive la branlette !"