Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

C’est un spleen. Une absence. Depuis 10 jours. Parfois, je me retourne et je crois qu’elle est là et non. Les gens en deuil connaissent bien cela. Je commence un travail et je crois pouvoir m’appuyer sur elle, toujours pas. Je termine ce travail et j’aimerais le fêter avec elle et non, rien, personne. Dans le Dernier métro Truffaut fait dire à Depardieu « C’est une joie et une souffrance ». Sa disparition c’est un peu ça, "une joie et une souffrance". Certains matins je me réveille et m’aperçois que son parfum sur mes mains, sur ma bouche a disparu. Et cette Disparition est comme une autre grammaire de la vie, un livre sans "e". Et si j’allais la chercher ? Elle n’attend que ça mais je tiens. Ce serait si facile. Souvent je rêve que je craque. Je me réveille paniqué, coupable et des retrouvailles qui se transforment en cauchemar. D’autre fois je me surprends à l’avoir oubliée. Tiens, je ne pensais plus à elle. Cet oubli même est quelque chose, il est solide, il n’est pas rien. Etre frappé dans son corps par l’oubli c’est comme désirer le non-désir, c'est comme se sentir creux, un trou dans la poitrine. Mais parfois dans la rue, c'est comme si je me cognais dans son absence, comme si je tombais, comme si son fantôme devenait soudain monstrueux, juste une seconde, monstrueusement loin. Et je marche comme un vieil homme à qui il manquerait une canne, une came, une dame. Une dame de compagnie sur qui s'appuyer tout le jour et une partie de la nuit.

Je sais qu'un jour je dirai comme ces hommes ingrats, oublieux, comment j'ai pu ?! Je la croiserai même sans la reconnaitre. Je sais qu'un jour j'oublierai ce que je lui dois. Je sais. Il y a 10 jours, je me levais plus tôt pour elle, dire que ma conduite était différente à cause d’elle, dire qu'elle rythmait mes jours, dire qu'elle cloutait ma vie.

Dire que je ne pouvais pas vivre sans elle.

La cigarette que j'aime encore.