Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Depardieu s’en va. Je préférerais qu'il reste mais tout de même.

Il est l’objet de tous les quolibets. Des quolibets de gauche et de droite révoltée, bon teint. On ne dit pas de mal des syndicats, on ne pisse pas dans les avions, on ne dîne pas avec Poutine et on ne pratique pas l’exil fiscal. On ne peut être odieusement, ostentatoirement et si bêtement ce qu'il est, effectivement. Twitter dans ces moments-là, à force de rabâcher des évidences, devient la pire des machines à lyncher, à indexer, à rectifier, à corriger, à recadrer. Twitter, Tartuffe, Twittuffe.

Twitter minable avec sa façon grégaire, moutonnière et bêtasse de fixer la ligne entre le bien et le mal, le séant et l’inélégant ; aussi crétin que les sorties outrageuses de celui qui est jeté à la cyber-vindicte et qui paie par ses provocations d’aujourd’hui ce qui fit son succès hier. Twitter front avancé du non conformisme, de la pensée nouvelle, de l’innovation et de l’originalité devient alors à son tour le conservatoire de la bienséance la plus fumeuse, la plus triste, la plus vile, un camp de rééducation chinois dans les années 60. Twitter mériterait qu’un personnage de Bertrand Blier lui en mette un bon coup là où je pense.

Bien évidemment, il ne se trouvera pas grand monde pour se souvenir que celui qui s’exile aujourd’hui a payé un tribut assez lourd à notre plaisir de spectateurs. Les valseuses, le Dernier métro, Vincent, François Paul et les autres. Depardieu nous a rendus bien plus heureux qu’il ne nous fait de tort aujourd’hui. Il a sans doute fait davantage pour l’intérêt général de nos émotions collectives que Twitter depuis sa création. Mais qui veut l’admettre ? Au lieu de twitter la haine comme des cons, nous ferions mieux d’être là, à la fraîche, décontractés du gland.

Mais non, c'est devenu difficile, d'être là, à la cool, décontracté du gland.

Même sur Twitter.