Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Le 11 février prochain, j’aurais 44 ans. Chaque année, je paie un étudiant pour traficoter ma date de naissance dans Wikipédia mais un autre que je ne paie pas corrige et remet la bonne année de naissance. Petit enfoiré. Si je vous dis ça ce n’est pas parce que je veux vous éviter d’oublier mon anniversaire, c’est juste pour vous expliquer qu’il me reste un an avant de me sentir vieux professionnellement. Oui, en France on se sent vieux professionnellement à partir de 45 ans. Donc il ne me reste plus que 12 mois.

Je vous dis ça parce que ce n’est pas notre faute, nous sommes programmés pour nous sentir vieux, usés, fatigués (comme Jospin parlait de Chirac) dès 45 ans grâce à l’Etat. Je vous le dis avec quelque certitude mais vous n’êtes pas obligé de me croire. Vous lirez alors l’interview d’Anne-Marie Guillemard, professeur des universités à Paris Descartes sur Atlantico. Anne-Marie Guillemard a passé sa vie universitaire a étudier les politiques d’emploi à la française et à les comparer avec celles des autres grands pays industrialisés. Elle a notamment étudié comment, la France a vieilli prématurément ses salariés en mettant en place des dispositifs de pré-retraite hyper avantageux et hyper précoce qui font de notre pays le champion du monde du vieillissement professionnel prématuré, en clair, l’âge français moyen de sortie de l’emploi est bien plus bas qu’ailleurs. Résultat et comme ’explique Mme Guillemard à longueur de livres, les Français se sentent professionnellement vieux à 45 ans ce qui est embêtant car ce sentiment contamine aussi les recruteurs. Vous noterez par ailleurs l'obsession et la méfiance pour la génération Y qui en disent long sur la culpabilisation des âges qui opère ces temps-ci dans notre pays. Inversement, les discours compassionnels de dame patronnesse sur les jeunes, les vieux, etc. en disent long également.

Ca s’appelle de la production de norme sociale, exactement comme un a priori racial. Sauf que là on est dans le dur d’une politique qui depuis des années a accepté l’idée que le début de la fin de l’employabilité démarre en milieu de quarantaine, avec les meilleurs intentions du monde, évidemment. C'est dommage car on pourrait imaginer, vu la durabilité de notre classe politique, qu'en France, on puisse être professionnellement jeune jusqu'à l'âge actuel de Rocard ou VGE...

Voilà donc le papier de Madame Guillemard est et pour approfondir, vous pourrez lire ce qu’elle écrit dans ce rapport-ci.

Et le premier qui me souhaite un bon anniversaire, je le livre aux mexicains.