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Le Monde se demande si la gauche a trahi la culture en lui coupant les vivres.  Je crois qu’à chaque fois qu’on a pris un sou à l’Education Nationale pour le donner au Ministère de la Culture, on a trahi la culture.

A chaque fois qu’on a fait du saupoudrage budgétaire pour satisfaire des pans entiers des corporations culturelles, on a trahi la culture. A chaque fois qu’on a décrété l’accessibilité de la culture en la confondant avec l’audience et la fréquentation statistiques des événements culturels on a trahi la culture. S’il faut cultiver moins  pour éduquer plus alors je n’ai aucun regrets pour les budgets culturels. Il n’y a pas de culture sans éducation, je n’y crois pas, c’est une fadaise. Entendons-nous bien, je ne confonds pas culture et diplômes. Non, pour moi la connaissance de sa propre langue, de son histoire sont la condition de la culture. Je ne crois pas davantage à l’argument qui consiste à dire qu’il faut faire descendre la culture dans la rue pour rendre la culture accessible. Non, non et non, la culture est accessible via une échelle qui se grimpe et qui ne se descend pas et cette échelle c’est une bonne éducation qui permet de cultiver peu à peu, à la marge presque laborieusement.

Le reste relève de la société du spectacle et de l'animation festive, pas de la culture laquelle ne se mérite que par l’effort, le travail et l’approfondissement qui seuls peuvent favoriser la découverte et la compréhension jouissive de l'art, de la littérature et susciter ce sentiment unique de comprendre vraiment une oeuvre et d'apprendre de ses maîtres. Je le dis parce que je suis inculte et parce que les rares fois où je me suis senti cultivé sont ont à chaque fois coïncidé avec un investissement personnel important, usant, répété qui ressemble à l'éducation et non pas à la culture. J'ai trop souvent entendu la gauche comme la droite appeler culture des spectacles, des événements, des rassemblements qui n'étaient que des opérations ou des portes ouvertes. Chacun sait tout au fond de lui que se cultiver ce n'est pas aller à..., ce n'est pas acheter un ticket de cinéma, de théâtre. Se cultiver c'est comprendre qu'un mot est à sa place, qu'une couleur n'explose pas par hasard, se cultiver c'est comprendre les hiérarchies et des langages.

Alors, Quand Hollande fait le choix courageux de tailler dans les budgets culturels pour ne pas renoncer à ceux de l’éducation, j'applaudis. J’applaudis aussi Aurélie Filippetti qui reçoit quotidiennement les doléances d’un secteur culturel en souffrance mais qui ne me paraît pas prioritaire en comparaison du secteur éducatif. Qu’on paie mieux les enseignants, qu’on les forme mieux, qu’on éduque mieux les enfants, qu’on cultive mieux, qu’on lutte contre l’analphabétisme, l’acculturation dans l’école, dans les familles et il apparaîtra clairement que la vraie priorité culturelle c’est l’éducation.