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Mardi soir j’ai renoué avec d’anciennes amours. Live-Twitter le télé-crochet La Nouvelle Star ressuscité hier à la nuit tombée par la chaîne D8 du groupe Canal PLus. Quel plaisir sadique ai-je pris à crier ma passion parmi la foule numérique qui se pressait aux portes symboliques du temple dressé pour nos plaisirs et nos prières ! Car la Nouvelle Star a une fonction classique d’émission de télé mais chez soi, avec Twitter, elle est un rituel sacrificiel aztèque.

Comme vous le savez les aztèques pratiquaient les sacrifices humains. L’encyclopédie Wikipédia dit notamment ceci « Avant le sacrifice, on faisait chanter et danser la victime pendant des heures, voire des jours pour qu'elle dépense son énergie ».  Qui osera nier la filiation claire qui existe entre les jeunes esclaves au cœur arraché aux soleils divins d’Amérique du Sud et les apprentis chanteurs de la Nouvelle Star ? Mais ce n’est pas tout.

Il faut avoir eu les yeux crevé et la poitrine ouverte pour ne pas voir entre une pyramide aztèque et un décor de télévision d’évidentes similitudes : position centrale des grands prêtres, promontoire sur lesquels sont mis en valeur les candidats sacrifiés, tension palpable introduite par le droit de vie ou de mort symbolique sur la victime parée pour son martyr. Enfin, qui aura observé Maurane et l’obséquiosité de ses sentences sacrées y reconnaitra des rituels de mise à mort bien connus des pré-colombiens.

Enfin on comprend mieux le comportement d’André Manoukian en se référant une nouvelle fois à Wikipédia : «Le prêtre s’enduisait de cendres de plantes vénéneuses et d’animaux venimeux qui le plongeaient dans un état second". Quant au public, quel rôle lui est dévolu au cours de la cérémonie ? Il participe par ses cris, par son enthousiasme ou sa terreur. Hier soir, pour ne donner qu’un exemple, qui aura oublié l’effroi provoqué par le chant atroce de Charlotte qui non contente d’être sacrifiée entraîne dans sa chute Adèle et tout l’art lyrique avec elle. Pendant l’interprétation de Skyfall, c’est effectivement la chute du ciel que redoute les participants comme on redoutait les éclipses de soleil chez les Aztèques.

Néanmoins, quel peut-être le sens religieux de tout cela à l’époque moderne ? Là encore, l’étude des rituels anciens nous livre les réponses aux questions du temps présent : « Être sacrifié était, dans la mythologie inculquée par les religieux aztèques, considéré comme une chance et un honneur ; en effet, leur condition dans la vie qu'ils pensaient trouver dans l'autre monde, dépendait, selon leurs croyances, non de leurs actions sur terre mais de la façon dont ils mourraient, le sacrifice faisant partie des plus glorieuses ». On ne saurait mieux dire.