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Tombé ce jour en lisant la presse sur la notice d'un livre écrit par une jeune philosophe d’à peine 30 ans. Le sujet me pique et j’adresse un SMS à l’attachée de presse de l’éditeur qui me répond ceci.

Voici son téléphone fixe. Pas de portable.

Entre la découverte du petit papier sur le livre et la réponse de l’attachée de presse, il a fallu 1 minutes 45 pas plus… Cet échange de SMS aurait pu rester anodin mais j’ai laissé vagabonder mon imagination. « Pas de portable ».

« Pas de portable » c’est un début de personnalité. Quelqu’un qui n’a pas de portable aujourd’hui et qui a moins de 30 ans, c’est une histoire. C’est déjà une multitude de suppositions. En admettant que ma philosophe qui vient de publier un essai ne soit pas SDF, paranoïaque, farouchement opposée à la technique ou complètement désocialisée, alors « Pas de portable » esquisse quelque chose, une trajectoire, un reflet tremblant.

« Pas de portable » dit un choix, une volonté, un arrêt de quelque chose, une opposition à quelque chose. Ca raconte une vie dont la propriétaire souhaite rester la maîtresse. Ca raconte un emploi du temps rythmé par le bruit de ses pas, les heures, la vie des autres et non par des sonneries intempestives.

« Pas de portable » c’est une réflexion, une médiation et une décision prise un jour sur le fait d’en avoir ou pas.

« Pas de portable » ce peut être au contraire un fait de société auquel elle aura été totalement étrangère et qui aura glissé sur son existence comme de l’eau sur la peau.

« Pas de portable » peut nous signaler une enfant élevée sans télé parmi les livres.

« Pas de portable » nous raconte les 1001 histoires d’un caractère qui a vraiment choisi quelque chose.

« Pas de portable » c’est sans doute la meilleure des connexions à ce caractère de femme, philosophe, universitaire, auteure  que je ne connais pas, que je n’ai jamais vu.

« Pas de portable » c’est déjà et malgré l’absence de portable une vraie connexion à quelqu’un qui a choisi,

choisi de ne pas être aux autres tout de suite.