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Oui il faut mourir le dimanche. Mourir d’ennui, mourir d’inactivité, mourir du dimanche, mourir du non-travail. Voilà pourquoi Bricorama va peut-être payer 18 millions d’euros d’amendes à l’Etat pour avoir embauché des salariés - plutôt volontaires - le jour du seigneur.

Au pays de la marinière qui s’achète français, au pays du volontarisme économique pour sortir de la crise, au pays du débat impossible sur le temps de travail (même le Premier Ministre n'a pas le droit d'en parler et comme dans Z, il doit dire qu'il l'a pas dit sinon il est enfermé), le syndicat ouvrier FO traque les erreurs juridiques des entreprises qui veulent ouvrir le dimanche pour obtenir leur fermeture. C’est son truc. En cela F.O. pense exactement comme le pape et Dieu qui veulent qu’on se repose le dimanche  - encore que le pape et ses collègues bossent, eux, le dimanche.

3 millions de chômeurs, un pouvoir d’achat qui dégringole, mais non. Il faut que Bricorama paie une amende parce qu’elle vend des marteaux et des faucilles et plein d’autres choses le dimanche. Pourtant, le jardinage et le bricolage, c’est culturel, non ? On peut les pratiquer le dimanche, non ? C’est pas comme fabriquer des autos ou des ordinateurs, hein ?

Non car embaucher le dimanche, c’est être esclavagiste et pratiquer le négationnisme social (pardon Godwin) ? N’y-a-t-il pas des fronts populaires plus modernes à inventer amis syndicalistes ? Ce que fait FO aujourd’hui, c’est presque une performance artistique. C’est une forme de surréalisme qui mériterait son installation à Beaubourg.

Imaginez, l’installation : un immense compteur à chômeurs (donc on est à 3 millions et des poussières) et sur scène, un syndicat dont la mission est de défendre les salariés (je précise car la mission d’un syndicat n’est pas de défendre les chômeurs) qui empêche Bricorama d’embaucher le dimanche des gens qui le souhaitent pour vendre quoi ? Des outils de travail.

On pourrait titrer ça : La France qui bricorame.