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Florence Cassez est de retour, tant mieux. La liberté, bizarrement, a un prix médiatique. Il se négocie symbolique par une suite de figures plus ou moins imposées que nous avons tous en tête (hélas et heureusement), habitués que nous sommes à voir emprisonnés par erreur ou par calculs nos compatriotes, pris en otage par les événements de l’histoire ou par une justice qui dysfonctionne. Je dis heureusement car ils sont souvent libérés.

Alors, la liberté exige sa rançon médiatique et collective : elle se règles en images à à fournir à la communauté nationale. C’est un rituel qui nous échappe mais qui doit avoir lieu, il est presque obligatoire, tel une commémoration nationale inattendue et bienvenue. Il raconte la renaissance, l'humanité reconquise, le retour parmi les siens.

C’est collectif, c’est du vivre ensemble, c'est de la prière laïque et populaire. C'est écrit, aussi. Il y aura donc les premières larmes d'émotion, les premiers mots, la dignité (le mot sera très certainement prononcé), le bonheur, évidemment, le passage obligé devant les officiels, les remerciements, viendront ensuite les entretiens exclusifs, un 20 heures, probablement. Puis la pudeur d’un rassemblement familial dont les caméras s’excluront d’elles-mêmes car sera venu le temps des proches et de la famille. Mais il y aura aussi une polémique, plus tard, comme il y en eut une avec Ingrid Betancourt  à laquelle on reprocha ses zones d’ombres après en avoir fait une sainte médiatique.

Ca fonctionne comme ça, ca ressemblerait presque à la partition perforée d'un orgue de barbarie. C’est tellement prévisible qu’il se trouve déjà quelque part quelqu’un pour envisager un nouveau livre, et même une fiction. Les ex-otages, les ex-victimes, les ex-prisonniers passent souvent par-là pour ensuite s’échapper une nouvelle fois. Car il ne suffit pas d’avoir été libéré une première fois, il faut se libérer une seconde fois du statut de prisonnier dans lequel on était enfermé et qui colle à la peau et à l’âme.

C’est cette libération-là qui attend désormais Florence Cassez.

Je la lui souhaite prompte et heureuse.

Même si elle s'en tamponne.