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Libération consacre ce matin son cahier central au télétravail. On peut y lire ceci : « Contrairement aux pays nordiques, bosser chez soi en caleçon ne prend pas en France. Question de mentalités, mais surtout de confiance ».  Un peu plus loin même son de cloche côté chefs : « Beaucoup de managers disent ça ne peut pas marcher chez moi, mes subordonnés sont des fainéants, ils ne font rien une fois chez eux ».

Donc si le télétravail ne se développe pas chez nous c’est culturel. C’est en raison d’une suspicion généralisée matinée d’une croyance absolue dans le présentéisme.

Passons à autre chose. Vendredi dernier, Lionel Jospin a rendu un rapport sur la modernisation de la vie politique française. Dedans pas un mot sur Internet et encore moins sur le vote en ligne. La modernisation de la vie politique française pourrait se passer d’internet. C’est d’autant plus surprenant de la part d’un homme qui annonça sa candidature présidentielle par fax (je plaisante).

Le vote technologique a mauvaise réputation en France. On ne lui fait pas confiance, son expérimentation pour le vote des Français de l’étranger a merdouillé en mai dernier. Pourtant le vote en ligne se développe un peu partout à l’étranger mais également dans des élections syndicales et professionnelles en France. Voter de chez soi est possible. Évidemment la dématérialisation du vote effraie chez nous pour deux raisons sérieuses : l’acte volontaire de se rendre en mairie, la possibilité de fraude. Un site entre autres pointe les difficultés depuis des années.

Comme le télétravail, la suspicion pour le vote en ligne est un problème de mentalités. Le travail c’est l’effort, c’est la présence, c’est la pointeuse. La République du scrutin c’est l’adhésion, c’est le symbole, c’est l’école communale et l'isoloir public plutôt que l'isoloir privé. Le télétravail c’est le soupçon de paresse, de plaisir, de liberté au travail. Le vote en ligne c’est le soupçon de triche. Effectivement, je vois des liens entre nos blocages vis à vis du télétravail et du vote en ligne. Et pourtant, ça ne m'étonnerait pas que  Lionel Jospin ait travaillé un peu de chez lui pour faire son rapport sur la modernisation de la vie politique…