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Ca s’appelle la gueule de bois. Un week-end trop riche, un Big Mac informationnel, de l’actu en sauce, en gras, en gros et en pagaille, en tranches, en glucides et en lipides, certains appellent ça l’infobéisté. L’aéroport nantais, le conflit israëlo-palestinien, les manifestations  pour ou contre le mariage pour tous, celles du samedi, celles du dimanche et cette nuit d’apothéose et de coup de théâtre avec l’UMP qui ne parvient pas à se donner un chef. Il y a des lundi matin où l’on ne peut plus rien dire. Tous les commentaires sont faits, toutes les bonnes blagues ont été lancées, tout énoncé est aussitôt neutralisé par le temps qui file. On tente de suivre, on de surfer mais ça ne fonctionne pas. Internet avale tout. On finit par avoir la nausée, fatigué d’essayer de comprendre. Un ivrogne à l’aube. On en a pris plein les mirettes, plein les oreilles, on s’est régalé, on s’est inquiété, on s’est indigné mais c’est trop, trop de réalités à comprendre, de drames ou d’absurdités à embrasser. Peu à peu monte l’effarement, le désarroi, quelque chose de profondément moderne qui va au-delà du goût pour l’info, qui va au-delà des engagements ou des passions politiques, des compassions sociétales, des inquiétudes internationales, comme une envie de marcher seul en forêt. Ca doit s’appelle la gueule de bois du surinformé.