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En tournant la dernière page du livre de Marcela Iacub, je tombe sur cet avertissement écologique…

Edito : De la littérature à l'estomac

L’éditeur nous parle de la qualité du papier autrement dit de la traçabilité de l’objet livre dans lequel je suis quasiment sûr de ne pas trouver de cheval. Cet avertissement de forme et non de fond m’amuse car si le livre-matière est traçable et bon pour la planète que dire de l’empoisonnement collectif et médiatique qu’il a provoqué depuis dix jours.

Mardi justement, on apprend que le livre réédité comprendra désormais une insertion légale, un avis de condamnation qui expliquera au lecteur consommateur qu’il y a non seulement du cochon dans le livre mais aussi une affaire judiciaire. La traçabilité d’un livre, c’est bien de cela qu’il s’agit. Traçabilité pour expliquer de quel bois il est fait, traçabilité pour expliquer de quel faute originelle il est composé.

Ce week-end, les émissions qui résument l’actualité de ces derniers jours intègrent dans leur sommaire l’affaire DSK Iacub mais aussi  les scandales alimentaires de la viande de cheval, d’âne, de volaille dans des produits garantis pur bœuf. Sur les boites de ravioli, sur les plats surgelés il faudra sans doute revoir l’étiquetage, prévoir des insertions légales, comme dans le livre de Marcela Iacub, garantissant aux consommateurs ce qu’ils vont trouver dans le produit.

S’il existe un lien entre l’affaire Iacub et le scandale alimentaire, c’est bien celui de l’étiquetage et de l’intention de tromper ou pas.

Quelle était l’intention réelle de l’auteure, quel produit d’écriture voulait-elle réellement livrer aux lecteurs, quelle est finalement la composition du produit entre fiction, autofiction, scandale et voyeurisme ? La réponse n’est pas évidente selon qu’on se met à la place de l’auteur ou de l’éditeur. Je ne parle pas du principal intéressé qui peut à raison s'estimer trompé par l'existence même de ce livre. La réponse est bien plus claire face à une barquette de lasagnes pleine de cheval vendue au prix du boeuf.

C’est ici la rentabilité qui fait mentir l’étiquette, rien d'autre.