Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Edito : Beau-père

J'aime beaucoup Eric Mettout. J'aime le ton de sa voix quand il raisonne, j'aime ses yeux quand il se moque, j'aime la noirceur de ses colères. De temps en temps quelque chose de très personnel, de très intime passe à travers ce qu'il écrit sur l'Express.fr Ainsi, il a signé aujourd'hui un beau texte de beau-père en colère. Eric s'y désole que le Comité d'éthique rejette l'idée d'un droit des handicapés à accéder à des services sexuels. Vous trouverez cet avis motivé publié aujourd'hui derrière ce lien. En clair voilà la conclusion du Comité d'éthique sur la question qui lui a été posée :

"...en matière de sexualité des personnes handicapées, le CCNE ne peut discerner quelque devoir et obligation de la part de la collectivité ou des individus en dehors de la facilitation des rencontres et de la vie sociale, facilitation bien détaillée dans la Loi qui s’applique à tous. Il semble difficile d’admettre que l’aide sexuelle relève d’un droit-créance assuré comme une obligation de la part de la société et qu’elle dépende d’autres initiatives qu’individuelles".

Eric n'est pas d'accord et pour cause, il connaît le sujet d'assez près puisqu'il est le beau-père d'un jeune autiste. Il sait intimement de quoi il retourne, il sait combien ce qui manque au jeune homme va peser lourd dans sa vie affective. Il l'a dit aujourd'hui dans sa tribune de beau-père.

Au-delà de la question de société que j'ai abordée ici-même à ma manière en interrogeant Pierre Brasseur en thèse sur le sujet, ce qui me touche dans le texte d'Eric, c'est le lien qu'il énonce publiquement entre ce jeune homme et lui-même. Cette parenté intentionnelle et mal connue qui consiste à être beau-père. Que met-on dans ce lien entre un adulte et un jeune homme dont on n'est pas le père ? Souvent peu de chose, parfois beaucoup.

Cette question est non seulement au coeur du débat très actuel sur ce qu'est une famille, mais elle est également au coeur de ce que nous voulons faire de nos vies, de la façon dont nous souhaitons être aux autres et de la manière directe ou non dont nous leur disons notre amour.

Voilà pourquoi le texte d'Eric Mettout me touche et vaut aujourd'hui bien plus qu'un édito de plus dans sa belle carrière de journaliste.