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Les DRH vont devoir apprendre la GPGPN, la gestion prévisionnelle des gorges profondes numériques. La crise, le chômage, la médiatisation des tensions sociales sont en train de créer un climat particulier dans les entreprises. La surcharge de travail, le stress, le ressentiment, le mauvais climat, l’accès de tous aux réseaux sociaux et la certitude de pouvoir s’y exprimer en toute liberté vont multiplier les Wikileaks corporate.

Je fais le pari que l’affaire qui touche aujourd’hui Quick, confronté à un salarié qui tweete et blogue les dysfonctionnements (de son point de vue) du restaurant dont il est l’employé, cette affaire n’est que la première d’une longue série.

Demain, n’importe quel collaborateur mécontent, s’il l’estime nécessaire, si cela le soulage, s’il ressent un vrai sentiment d’injustice ou si la tête de son patron ou d’un client ne lui revient pas ira le dira haut et fort sur un réseau social, de manière anonyme ou pas.

Ce phénomène est nouveau.

Jusqu’à présent les salariés respectaient une forme de devoir de réserve assez proche de celui des fonctionnaires et des militaires. Ce devoir de réserve est d’un autre âge qu’on le veuille ou non. Les clients mécontents on déjà commencé à l’ouvrir et à se répandre un peu partout dès que le service est défectueux.

C’est désormais aux salariés de s’en prendre à la marque-employeur, eux aussi vont bientôt se plaindre aux quatre vents du net. Autrefois le risque de communication et d’image était à l’extérieur, il est désormais à l’intérieur. Bien sûr il est rare de cracher dans la soupe mais cela va devenir de plus en plus courant. Cela commencera par des retours d'expérience après coup, après avoir quitté l'entreprise mais pas seulement. Les salariés vont sans doute pratiquer une forme de critique vigilante tout en restant à leur poste. La liberté d'expression individuel pourra même l'emporter dans les mentalités sur le devoir de loyauté.

Et le salarié sera pire qu’un client insatisfait, sa capacité à égratigner la réputation et l’e-réputation de son employeur comptera triple, comme au scrabble, normal puisqu'il est "de la maison".

Les DRH vont devoir s’y préparer mais pas seuls. Les syndicats également devront réfléchir à la manière de se positionner par rapport à des ressources humaines mécontentes, lesquelles auront décidé qui d'avertir la presse, qui d'ouvrir un blog "bien renseigné", qui de monter une page Facebook rigolote et anonyme... Aux partenaires sociaux comme aux patrons de savoir gérer ces nouveaux francs-tireurs, ces snipers.

Il va leur falloir apprendre à réagir. Au secours ! Mon salarié twitte ! voilà qui va mettre de l’ambiance dans les relations sociales.