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En finance, on parle souvent d’effet de levier. L’effet de levier c’est ce qui permet avec une mise minimale de lever un maximum de fonds et d’en prêter pour en lever puis d’en prêter encore, jusqu’à... Quand le système financier fonctionne ça va, quand il est déréglé ça donne la crise des subprimes. On a beaucoup prêté à Lance Armstrong. On lui a prêté des victoires, on lui a prêté du courage, on lui a sans doute prêté des fonds pour qu’il soutienne des causes qui lui (et qui nous) tenaient à cœur. On lui a prêté des titres.  Ce préambule étant fait, voilà ce qui devrait arriver dans les jours qui viennent selon un schéma désormais assez classique de la société de la communication-information-indignation. Exactement comme lorsqu’en 2008-2009 est survenue la crise des subprimes, ceux qui lui ont prêté des victoires vont devoir s’expliquer, ceux qui lui ont prêté un corps sain vont devoir se justifier, ceux qui lui ont prêté de l’exposition médiatique vont sans doute avancer qu’ils ne savaient pas, ceux qui l’ont soutenu sur la route du tour vont réclamer sa tête en guise d’indemnisation, ceux pour qu’il était un exemple ne lui accorderont plus aucun crédit. Je parle d’argent mais je parle également de crédit moral. Lance Armstrong est une crise des subprimes sportifs à lui tout seul. Et cette crise obéit à un cycle, sans jeu de mots. Et comme toute crise des subprimes, Armstrong est le trader de victoires pourries qui va gêner tout le monde. Tout le monde. Viendra ensuite le temps, prévisible lui aussi, des Indignés du cyclisme qui crieront en coeur « Un autre tour est possible ».