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Tout à l’heure en prenant son goûter la plus petite m’a demandé avec un brin d’inquiétude dans le regard : « Dis c’est pas vrai hein que la fin du monde elle va arriver ? ».

Non la fin du monde n’arrivera pas. Ce sont les adultes qui n’ont pas assez peur du monde et qui ont besoin de s’inventer d’autres frayeurs. Et soudain j’ai pensé à tous les enfants du monde. Si ce buzz mondial commence à faire cogiter la mienne, elle ne doit pas être toute seule.

Je me suis représenté tous ces mômes qui observent les plus grands jouer à se faire peur à la télé, dans les magazines et sur internet. Ces assemblées de débiles organisés en secte, en loueurs d’abris anti-nucléaires, en dévaliseurs de super marchés, en grands prêtres de l’histoire maya, bref j’ai pensé aux enfants qui regardaient les ainés réinventer la fin du monde comme avant le 11 septembre ils avaient détruit Manhattan au cinéma, en s’inventant de ces tsunamis ravageurs qui finissent toujours par arriver.

J’ai pensé à ces grands régressifs qui mettent paradoxalement l’enfant au cœur de leur système dominé paraît-il par la psychologie, en haut de leur échelle de valeurs tout en l’exposant à leurs fantasmes dégénérés et mortifères de violence, de fric, de sexe, de destruction, d’apocalypse ; tout ça pour transformer la peur ludique en clic et en fric.

Ce n’est pas un monde sur sa fin qui est en train d’effrayer les plus petits sans qu'on y prenne garde tellement nous vivons dans le jeu et les représentations fictives, c’est un monde malade, déglingué, où les adultes refusent de grandir et où les plus fragiles d'entre eux peuvent devenir fous bien plus vite qu'on ne le croit.

Et tandis qu’on terminait de goûter, l’aînée, cette fois, m’a demandé de lui expliquer ce qui s’était passé hier à Newtown, dans le Connecticut.