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Delon, CàVous et le propos de table

Ce qui est bien dans CàVous, animé depuis hier par Anne-Sophie Lapix, c’est que les invités sont à table. Une grosse connerie dite à table par Alain Delon ça n’est pas rien. Car dire des conneries à table rehausse ce qu’on appelle justement dans un langage d’autrefois le propos de table.

Il y a deux approches du propos de table, celle de Plutarque, symposiaque, la plus noble et celle d’Alain Delon dans CàVous.

Au départ, les homos Delon n’a rien contre mais Anne-Sophie Lapix lui rappelle qu’il a dit dans le Figaro que l’amour entre homme était « contre-nature ». J’imagine que l’interprète du Guépard oppose la culture à la nature. Que l'homosexualité est dans la culture et que l'hétérosexualité est dans la nature et que c'est la nature qui a bon ? Lui-même ne sait pas bien. Mais l’essentiel n’est pas là.

L’essentiel c’est que le propos symposiaque d’Alain Delon nous rappelle le pire de ces repas où l'on ne se tient pas, où justement nous sommes plus près de la nature que de la culture et de la civilisation, ces moments où le corps occupé à mâcher les aliments semble avoir du mal à concilier la pensée avec cette activité naturelle qui consiste à broyer les aliments pour ensuite les digérer puis les chier.

Je pense à cet instant de relâchement qui constitue la substance du propos de table incontrôlé. En même temps qu’on avale, les sphincters du cerveau se relâchent et l'on vomit je ne sait quel caca de la non-réflexion car on ne sait plus vraiment si l’on doit se tenir ou se censurer, laisser libre cours à l’appétit ou s’empêcher de se laisser aller de la pensée.

Revoyez les images de ce Delon symposiaque c’est en avalant je ne sais quelle cochonnaille qu'il ne pense plus vraiment et lâche une cochonnerie par la bouche.