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Chaussure(s) et politique, une longue histoire de séduction

La ballerine a fait son entrée à l’Assemblée Nationale mais l’histoire de la politique est étroitement liée à celle de la chaussure. Souvenons nous de Georges Bush attaqué à la chaussure lors d’une conférence de presse, rappelons nous de Nikita Khrouchtchev utilisant sa chaussure comme un commissaire priseur à la tribune de l’ONU.

Quand un politique n’a pas la carrure, il n’a généralement pas la pointure. C’est alors un godillot, autrement dit un membre servile de la troupe. Ceci dit, si la chaussure devient botte, alors elle en dit long sur le mental de celui qui est droit dedans.

Souvenez-vous d’Alain Juppé qui resta si longtemps droit dans ses bottes qu’il lui fallut des épreuves pour en sortir et se libérer de je ne sais quoi qui lui collait aux semelles. La chaussure peut aussi annoncer une carrière. Quand on voit ce qu’est devenu Roselyne Bachelot, allée se montrer avec talent à la télévision, on comprend mieux pourquoi elle aimait le côté voyant des Crocs roses fluo !

Ce n’est pas la seule, Rachida Dati a su se faire remarquer grâce à des bottines rouges et elle a également revendiqué son droit de porter des talons hauts juste après avoir accouché. Je me souviens encore d’un Raffarin donnant des coups de pied dans des galettes de pétrole sur une plage de Charente-Maritime il y a longtemps, il était chaussé pour l’occasion de bottes en caoutchouc. Que de souvenir. Giscard pleurant en se remémorant le bruit des bottes allemandes sur les Champs-Elysées ! Et les Berluti de Rolland Dumas, et ce cliché introuvable de Chirac en baskets dans les jardins de Matignon tenant vainement un relooking visant à séduire les fans de Madonna !

Et d’illustres chaussures, il s’en trouve ailleurs.

On baise la babouche du Sultan, on s’émerveille des mocassins rouges du Saint-Père, au moyen-âge, plus longues étaient les poulaines plus riche était celui qui les portait.

Le pied en politique est ambivalent. On peut prendre le sien avec, comme certains fétichistes, mais il est surtout le symbole de la soumission et de la souillure. Sadam Hussein a fait en sorte qu'on marche sur le visage de Bush dans le plus grand hôtel de Bagdad et Rama Yade n'a pas supporté que Khadafi vienne décrotter ses pompes terroristes sur le paillasson de la démocratie.

A vrai dire, plus on voit les pieds des gouvernants, plus nous autres sujets sommes proches du sol, et c’est mauvais signe.

Voilà pourquoi l’image de la ballerine à l’Assemblée est habile, le député droitier et délicat se fait Prince charmeur au pied de Cendrillon, il s’agit-là d’une merveilleuse manipulation mais elle fonctionne car Cendrillon c’est une mythologie qui taille 36, celle de la miséreuse aux pieds de laquelle s'agenouille, un homme qui pour la conquérir se fait très bas. Le pouvoir inverse la posture et se fait chausseur.

Que ne ferait-on en effet pour conquérir une princesse qui se nomme l'opinion.