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Que faire du bug Facebook ? Qu’il soit avéré, qu’il soit halluciné, que peut-on en faire ? Les avertissements ministériels, les convocations de la CNIL, les mises en garde vie privée, vie publique, l’emballement, tout ça on connaît. Non. Posons-nous vraiment la question. Qu’y-a-t-il de vraiment neuf, de vraiment bon, de vraiment vrai dans cet histoire ? Moi j’y vois deux choses. Une moche et une sublime. La moche, c’est que nous autres qui n’avons pas connu les dictatures, nous savons enfin ce que veut dire la peur, la terreur d’être potentiellement surveillé par un pouvoir totalitaire. Je ne parle pas du flicage dont on accuse Internet en permanence, je parle de cette peur décrite par tous ceux qui connurent les purges, les polices politiques et l'ambiance des dictatures d'avant-guerre et d'après-guerre. Ce sentiment qu'éprouvait la population d'avoir toujours quelque chose à se reprocher sans trop savoir quoi.

Maintenant je sais ce qu’ont pu ressentir tous ces allemands, ces russes et tous les autres quand ils se savaient écoutés, fliqués par les polices d’Etat, je sais ce qu'ils ressentaient à l'idée qu'on ait accumulé sur eux "du dossier". La vie des autres, c’était ça. Ce sentiment qu’on peut tout savoir de vous, cette vague culpabilité, cette vague interrogation qui vous remplit sourdement l'âme...

"J’espère que j’ai pas écrit une connerie".

Oui cette journée de bug de Facecbook, ce fut une journée particulière, comme dans le film d'Ettore Scola avec Sofia Loren et Marcello Mastroianni, une journée en simulateur de mauvaise conscience façon dictature d'antan. Un sale goût dans la bouche, un truc pas net.

Ca c’est pour le côté moche. Le côté chouette, c’est Twitter. J’ai demandé à mes followers quels tableaux classiques voire quelles photos pouvaient illustrer les sentiments qui les avaient animés en cette journée du bug, et ils ont été géniaux par leur trouvailles et leurs suggestions. Le grand mix du tout reconstitue parfaitement la panique intérieure et l'emballement médiatique. C'est incroyable. Les grands génies de la peinture avaient tout prévu. Sauf qu'un jour on twitterait leurs chef d'oeuvre pour illustrer un simili Wikileaks des réseaux sociaux.