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Baudelaire contre le Maccarthysme à la Française

Google choisit le 192e anniversaire de la naissance de Baudelaire pour lui faire un Doodle. 192e ou 200e on s’en fout un peu, l’essentiel c’est de lire un poème par jour comme on fait un jogging ou autre chose. En cherchant, je tombe sur ces vers de Baudelaire, une évocation du passé. L’âge d’or chez Baudelaire c’est important, c’est une constante. L’âge d’or ce n’est pas "c’était mieux avant", c’est d’abord une intériorité, une consultation de l’intime, pas un réflexe réactionnaire. C’est un examen de sa propre sensibilité et de sa conscience, aussi. Les poètes sont également là pour ça, nous aider à vérifier que notre âme reconnaît toujours le beau et qu’elle sait distinguer l’essentiel, le bien et le mal, aussi.

Il y a toujours un âge d’or dont on aime à se souvenir surtout quand le présent s’imagine, se rêve complètement pourri par le Mal. Va donc pour J’aime le souvenir de ces époques nues. C’est exactement ce que je ressens lorsque je vois nos politiques pris comme des lapins dans les phares d'une voiture tenter d’inventer un Maccarthysme à la française. Oui, J’aime et je préfère le souvenir de ces époques nues qui me paraissent bien plus humaines qu’un présent inquisiteur…

Car si un jour on me demandait des comptes, sur mon patrimoine matériel, familial ou génétique, ou tout autre de ces choses qui donneraient l’impression (à on ne sait qui, d’ailleurs) que je suis honnête et que celui qui me réclame cela l’est davantage encore, alors je montrerais mon cul, ici même sur ce blog.

J’espère ne pas avoir à le faire et je préfère en redoutant cet instant, vous rappeler, donc, l’existence de ces vers de Charles Baudelaire.

J'aime le souvenir de ces époques nues,

Dont Phoebus se plaisait à dorer les statues.

Alors l'homme et la femme en leur agilité

Jouissaient sans mensonge et sans anxiété,

Et, le ciel amoureux leur caressant l'échine,

Exerçaient la santé de leur noble machine.

Cybèle alors, fertile en produits généreux,

Ne trouvait point ses fils un poids trop onéreux,

Mais, louve au coeur gonflé de tendresses communes,

Abreuvait l'univers à ses tétines brunes.

L'homme, élégant, robuste et fort, avait le droit

D'être fier des beautés qui le nommaient leur roi ;

Fruits purs de tout outrage et vierges de gerçures,

Dont la chair lisse et ferme appelait les morsures !

La suite ici.