Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Imaginez une société où les hommes sont (j'avais initialement écrit "soient", sublime lapsus) les principaux objets du désir, et non les femmes. Imaginez une société où le pouvoir est détenu par des femmes. Imaginez une société où la grammaire est dominée par le genre féminin. Les contes de fées y commencent ainsi « Elle était une fois… ». Dans ce matriarcat l’homme se fait pincer la taille dans la foule, hante les boites de strip tease où c'est lui qui est sur scène, est cantonné à des tâches subalternes, est utilisé pour la fourniture de sperme puis souvent largué par sa marie quand il a vieilli. C’est cet homme, également qui porte la lingerie en dentelle, la femme, elle, est en toge et n’a plus besoin de se maquiller ou de faire des frais de toilette. C’est dans cette société qu’agit et milite le MLH, Mouvement hoministe de libération pour sortir l’homme des clichés qui l'accablent et de son extérieur. Car j’oubliais, dans le livre cauchemardesque (pour les deux sexes) d’Isabelle Alonso que je viens de terminer, l’homme est un parfait petit homme d’extérieur. Il est cantonné aux travaux du jardin et vit dans une roulotte devant la maison où habite sa marie. Il y prend ses déjeuner et ses dîners et peut, de temps en temps y être invité à dormir pour s’y faire… Ca s’appelle Roman à l’eau de bleu. C’est sorti chez Héloïse d’Ormesson, c’est ce que j’ai lu de plus original, de plus drôle, de plus inquiétant sur la parité depuis longtemps. Ca m’a rappelé ce film Dans la peau de John Malkovich. Eh bien là, on est dans la peau d’un homme qui aurait le statut actuel d’une femme. C’est à la fois excitant et atroce. Parce que j’ai adoré ce livre, je vais adorer participer à ce colloque.