Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

C'est donc aujourd'hui qu'on devient la Suède ?

Parce qu’un Ministre a menti, qu'il a fraudé et décrédibilisé durablement toute prise de parole socialiste sur l’impôt, on va donc compter les voitures, les maisons et évaluer le mobilier du personnel politique ici ?

Moi je n’ai pas envie de ça. Je n’en ai pas plus envie pour eux que pour moi. Car après eux, ce sera nous, croyez-moi et après nous le voisin, celui d’en haut, puis celui d’en bas. Je ne comprends d’ailleurs pas pourquoi la faute de l’un d’entre nous compromet tous les autres. Je ne comprends pas pourquoi le mensonge d’un des leurs oblige tous les socialistes à poser un genou à terre.

Ce que je trouve un peu triste, c’est que la France ne sait plus réagir aux misères qu’elle affronte qu’en inventant des sanctions et des dispositifs coercitifs. Il me semblait que les châtiments collectifs étaient d’un autre âge. Une mésaventure ? Une loi. Un accident ? Une commission de contrôle. Un dysfonctionnement ? Encore un texte. Si les textes changeait la morale ou le comportement ça se saurait.

Ces méthodes de management de crise nous paralysent un vieux pays en le couvrant d’attelles.

C’est donc aujourd’hui qu’on devient suédois car au Nord, bien sûr, ils font comme ça mais la France n’est pas la Suède quand elle exige la transparence à la va-vite. Elle n’est pas la Suède parce que la transparence n’est pas chez elle une vertu, une culture ou simplement une ambition collective. Chez nous la transparence est une punition. Pas une solution.

Chez nous, la transparence décrétée c’est avant tout une vitre verticale et affûtée dressée à la va-vite pour couper symboliquement les têtes qui dépassent.

Cette transparence-là, franchement, on s’en passe.