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Connaissez-vous la circoncision du crowdfunder ?

Cette semaine c’est la fête de la déclaration de revenus mais c’est aussi celle du financement participatif.

Samedi, pour être exact, les acteurs du secteur auront leur fête. L’occasion de jeter un œil au programme et de découvrir ce que les organisateurs appellent un baptême du crowdfunder. Mieux qu’une circoncision, mieux qu’un plongeon dans l’eau bénite, mieux qu’un passage sous le bandeau maçonnique, c’est une sorte d’initiation à l’art de recourir à la générosité du public. Car si pour certain taper son prochain est une vocation, pour d’autres demander du pognon reste un mystère, une mise à nue, une interrogation métaphysique parfois même une honte, une véritable impudeur. Une chance aussi. N’avoir jamais eu à emprunter est un privilège que certain d’entre nous ne partagent ni avec l’Etat ni avec les pauvres.

Heureusement, l’époque ne demande qu’à les décomplexer.

Mon premier projet participatif, je m’en souviens. Je n’avais aucun projet mais j’avais envie que mon père participe à un achat de Carambar au coin de la rue. C’est une époque où le carambar coûtait 10 centimes, une époque d’avant l’euro, un temps où les mômes savaient dépenser les pièces jaunes, croyez-moi. Je me souviens que ça devait être dans le milieu des années 70 et j’ai eu beaucoup de mal à convaincre mon père que mon projet de mobilisation d’argent de poche était le bon et qu’il devait participer à l’achat des Carambar. Que ce serait gagnant-gagnant. Tu de me donne des sous et tu as la satisfaction que ton fils est heureux mon Papou… Ca n’a pas vraiment fonctionné comme argumentaire…

Depuis le second choc pétrolier du temps à passé et quand j’observe le monde d’aujourd’hui j’ai l’impression que lever de l’argent auprès de n’importe qui (particulier ou investisseur) est devenu un art démocratique, une technique populaire et que le crowdfunding a donné à cette activité ses lettres de noblesse.

Car avant on se méfiait de l’emprunteur, aujourd’hui on lui donne des sous en le remerciant, c’est curieux la vie financière quand les bons sentiments s’en mêlent.

Le crowdfunding, c’est d’abord de la drague et de la tendresse, les premiers sous collectés à ceux qui vous aiment ne sont-ils pas appelés love money ?… Ensuite je n’y connais plus rien. Sauf peut-être le dernier né dans la galaxie des sites de financement participatif. Ca s’appelle Culture Time (l’équipe composée de Laurence Boursican, Thérèse Lemarchand, Jean-Noël Juston est en photo ci-contre) et Culture Time permet de devenir mécène sans s’appeler Arnault ou Pinault, un petit mécène mais un mécène quand même. Et tous les projets qu’on trouve à financer sur cette plateforme donnent droit à une déduction fiscale, ce qui permet de boucler la boucle, d’être un mécène et d’avoir une petite fleur fiscale. Voilà pourquoi cette semaine de la déclaration de revenus est aussi celle du crowdfunding et du don déductible.

C’est ce don déductible qui lie étroitement l’enfer de l’impôt et le paradis du crowdfunding…