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Vallotton, le jaune, les fesses et le jambon

Hier, ai visité l'expo Vallotton. Dernier jours, dernières heures. Extrème agitation dans la file d'attente et à l'intérieur. Gardiens stressés, publics surexcités. Un monde fou comme si nous étions venus pour rattrapper un retard, rendre hommage énervé à ce peintre, graveur, auteur, aussi, un peu déjanté et un peu en retrait de la notoriété des peintres de son époque.

Le catalogue parle de lui comme de l'Helvète Underground. Sur le parcours, pareil, extrème chaleur, enfants criards, jeunes parents agacés, publics serrés, suant sous la chaleur et devant les couleurs, les nus, les dessins, les gravures, on se parle tout bas, on se chuchote des surprises, on n'en revient pas que l'artiste passe sans souci de la gravure à l'encre et de l'encre à ces payages somptueux ou ces intérieurs qui évoquent Nana de Zola ou Journal d'une femme de chambre de Mirbeau.

1700 tableaux, un style bondissant, imprévisible d'une période à l'autre, qui change en fonction des sujets, de la couleur. Vallotton, que certains comparent à Hopper, c'est le roi du jaune a prévenu l'affiche monochrome de l'expo. Dans cette somme de travail qui va de la fin du XIXe à 1925, année de sa mort, à 60 ans, des merveilles de nus, de paysages, de scènes de ménage avec un sens particulier de la couleur.

Et ce jaune bouton d'or.

J'ai rarement vu le jaune aussi bien servir la peinture.

Vallotton, le jaune, les fesses et le jambonVallotton, le jaune, les fesses et le jambon
Vallotton, le jaune, les fesses et le jambonVallotton, le jaune, les fesses et le jambon
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Vallotton, le jaune, les fesses et le jambonVallotton, le jaune, les fesses et le jambon

Comme je vous le disais, c'était électrique, comme si les retardataires s'en voulaient d'avoir failli rater ça. Des rires, de la curiosité, de l'incrédulité, du scepticisme. Des couples, aussi. Dans les expos, je regarde les couples : il y a les calmes, les excités, les familles, les contemplatifs, les bobos, les intellos, les accros. Je suis curieux d'eux.

Et puis, au hasard d'une salle, il y a cette drôle de plaisanterie du commissaire. Il a laissé accrocher ces deux tableaux côte-à-côte. Des fesses de femmes et un jambon. Quelle drôle d'idée, quelle drôle d'association d'images.

Dans la salle suivante, la période mysogine et guerre des sexes de Vallotton.

J'ignore ce que les femmes lui ont fait ou ne lui ont pas fait, mais il leur en veut.

Le jaune !

Cocu ?

Cocu ou pas, on comprend mieux les fesses et le jambon.

Vallotton, le jaune, les fesses et le jambon