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Un petit rayon d'éternité

Je vous raconte une histoire du 31 janvier qui peut vous donner des idées. Vous le savez je reçois chaque mois pas mal de livres. Pour le travail. J’en achète aussi pour le plaisir. Ces livres s’accumulent. Aussi, deux fois par an, je m’en vais les donner à la bibliothèque municipale de mon quartier. Je l’ai longtemps ignoré mais on peut faire des dons aux bibliothèques municipales de Paris. Si les livres sont en bon état. Mardi, je suis donc allé donner des livres à ma bibliothèque municipale. Et comme c’était matinée de fermeture, j’ai eu droit à un café dans la salle de restauration.

Je vous raconte ça parce qu’on s’est installés avec les bibliothécaires et on a bu ce café du bonheur. On a parlé de la bibliothèque, des étudiants qui l’occupent en grand nombre, de la politique d’acquisition, des lectures, des expositions qui s’y organisent.

On a comme ça papoté comme des commères et des compères, en voisins.

C’est une expérience très curieuse de donner des livres à une bibliothèque près de chez soi. C’est comme si on devenait actionnaire moral de la bibliothèque, comme si on s’offrait un petit privilège rien qu’en donnant.

J’en ai rempli un plein chariot et je le leur ai apporté. Je donne même les livres qu’on m’a dédicacés car je trouve qu’ils vieilliront mieux dans une bibliothèque municipale plutôt que chez moi où ils sèchent, prennent la poussière.

Un petit rayon d'éternité

Oui, c’est une expérience curieuse de donner au service public car on a le sentiment d’être un mécène, une sorte de bienfaiteur.

Les bibliothécaires étaient bien contentes et m’ont fait visiter l’auditorium, le rayon jeunesse, la discothèque, le jardin intérieur « Où les étudiants fument trop ! ». On a parlé des liseuses qui arriveront bientôt.

La relieuse m’a montré sa presse, son matériel et j'étais fier d'elle sans vraiment la connaître. C’est un plaisir immense que d’apprivoiser un service public de la culture. Devenir l’ami d’un musée, faire partie de la société des amis du Musée de l’homme.

Ou donner des livres à la bibliothèque de son quartier.

Un petit rayon d'éternité

Ca m’a rappelé des souvenirs d’enfance. J’ai découvert le Jazz grâce à la médiathèque de mon quartier, à Marseille, quand j’étais ado.

Et la musique classique, bien avant, grâce à la bibliothèque-discothèque du théâtre de Caen.

Je suis resté une heure le 31 janvier à la bibliothèque Germaine Tillion, une heure en dehors du temps qui presse et qui passe avec ces bibliothécaires heureuses de ma visite.

Heureuses mais qui ne se doutent pas du plaisir qu’elles m’ont fait en m’offrant un peu d’éternité et une tasse de café avec un biscuit au chocolat.

Un petit rayon d'éternité

Un peu d’éternité, oui.

Car juste au-dessus de la bibliothèque, il y a figurez-vous un cimetière. Y reposent des disparus qui ont vécu dans le quartier, des illustres et des anonymes.

Ils sont rangés d’ailleurs un peu comme des livres.

Donnez des livres à la bibliothèque. Après vous, vos livres survivront dans les rayons pendant que vous dormirez au cimetière. Il faut donner des livres à la bibliothèque de son quartier, c’est une façon de leur offrir une seconde vie, de les envoyer rencontrer des lecteurs et, qui sait, une manière de rester en vie, dans les rayons.

Un petit rayon d'éternité