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L'internet des abjects

Il faut dans le moteur de recherche de Twitter taper Trierweiller ou Gayet ou Hollande même et considérer chaque tweet, chaque seconde qui passe venir grossir la pile du commentaire vulgaire, crachoteux. C’est la Cour des miracles sans miracles ni miraculés…

Des mégères qui tirent à vue sur la Première dame avec une vulgarité que ne leur envieraient pas les pires carabins, des chansonniers improvisés à l’humour douteux, des amateurs de plaisanteries graveleuses, des opportunistes politiques qui crient déjà « dégage », des accoucheurs de fausses vérités, de gentils colporteurs de rumeurs, des hypocrites qui se pincent le nez, mais ne se cachent qu’un œil, des Mme Irma du cataclisme. Je ne leur jetterai pas la pierre car ils dessinent tous autant qu’ils sont quelqu’un qui me ressemble ou m’a ressemblé une fois, même une seconde.

Evidemment c'est jamais nous...

C’est effrayant. Et ne me dites pas que c’est une foule de marginaux numériques qui « n’ont que ça à foutre ». Cette foule ressemble de plus en plus à son modèle de la vie réelle, elle remplit le salon de coiffure mondial. Cette foule joyeuse ressemble aussi aux amateurs de tondeuses de 1945. Elle n’épure pas, elle ne lynche pas vraiment, elle couine, elle violente avec les mots, elle bouscule, jette un tweet comme une tomate ou un œuf pourri.

Et si je cherche bien dans ma propre littérature j’ai dû, de près ou de loin, dans un accès de bonne humeur ou dans la vaine recherche d’un bon mot participer à ce carnaval de la flèche décochée comme ça, au hasard des soubresauts de l’actu dans l’immense et interminable tunnel fabriqué par Twitter, une fête dégénérée en quelque sorte. Après notre mort elle continuera. Qui peut arrêter Twitter lancé comme ça tel un train enragé.

Il faut regarder tout cela en face - il faut aussi regarder ailleurs - mais sans oublier que tout ça ne s’écrit pas tout seul.

C’est un Working Progress comme disent les amateurs de travail collaboratif.