Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Vu Braque au Grand Palais. Ce que j'aime chez Braque c'est le début et la fin. Le Cubisme ça m'ennuie, je trouve ça triste, moche, théorique, ce moment où le discours sur l'art devient plus important que l'art. Je préfère donc le Braque des débuts, un Braque ensoleillé, fauve, coloré, provençal, azuréen...et affranchi de cette comparaison inévitable avec Picasso qu'il ne connaît pas encore.

Braque au Grand Palais

J'aime aussi le Braque de la fin, sensible, minimaliste presque abstrait.

Braque au Grand Palais

De toute façon j'aime les expos.

Je circule, le lis les panneaux comme un écolier appliqué et je tombe sur cette belle phrase où Braque parle de son amitié pour Picasso, une idée magnifique des liens d'amitiés avec leurs moments de communion intellectuelle et leur caractère éphémère.

« - A cette époque, j’étais très lié avec Picasso. Malgré nos tempéraments très différents, nous étions guidés par une idée commune. […] Nous habitions Montmartre, nous nous voyions tous les jours, nous parlions … On s’est dit avec Picasso pendant ces années-là des choses que personne ne se dira plus, des choses que personne ne saurait plus se dire, que personne ne saurait plus comprendre …des choses qui seraient incompréhensibles et qui nous ont donné tant de joies… et cela sera fini avec nous. C’était un peu comme la cordée en montagne... .»

C'est joli cette façon-là de parler d'un ami.

Je continue à marcher le long des tableaux et je repère un portrait de Braque par Man ray qui me fait penser à Cahuzac, un enfant qui s'ennuie avec son pistolet sur une chaise que lui a laissé le gardien et enfin la touche avance rapide dissimulée dans un tableau de 1954-55.

En sortant, je découvre que le grand palais s'est mis à Twitter avec une sorte de livre d'or impudique à ciel ouvert.

De toute façon j'aime les expos.

Braque au Grand PalaisBraque au Grand Palais
Braque au Grand PalaisBraque au Grand Palais