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L'entreprenariat au masculin : le courage d'en parler ?

A 15 h aujourd’hui, j’aurai le plaisir d’animer au #Fabfest à la Gaité Lyrique une table ronde dédiée aux problèmes posés par le développement massif en France de l’entreprenariat au masculin. En effet, 70 % des créations d’entreprises en France sont supportées par des hommes alors que 30 % seulement sont initiées par des femmes.

Est-il normal que cette contribution à l’effort et au redressement productif du pays repose essentiellement sur les larges épaules des hommes ?

Il semble que les hommes soient encore largement victimes de préjugés qui les obligent, dès la période des études, à démontrer leur force créatrice, leur puissance productrice et en quelque sorte à assumer malgré eux leur virilité économique. Ce sont eux qui sont orientés dès après la puberté vers les études d’ingénieurs, de mathématiques, de mécanique, comme si la société les désignaient comme les plus à même de suivre les disciplines les plus arides. Ce sont encore les hommes qui privés de la maternité doivent renoncer à tout break dans leur carrière professionnelle.

En nous appuyant sur les études et les témoignages poignants de ceux qui parce qu’ils sont nés hommes ont été condamnés à exercer le pouvoir économique et managérial, nous verrons à l’occasion de cette table ronde pourquoi les femmes sont les principales bénéficiaires de ce déterminisme quant à la création d’entreprise.

Ce n’est pas à la elles que les banques refusent de prêter de l’argent, ce n’est pas sur elles que la société compte pour créer des richesses, ce ne sont pas elles qu’on sollicite pour obtenir une augmentation, c’est encore moins les femmes que l’ont attend au tournant lorsqu’il s’agit de donner aux porteurs de projet des conseils dans les colloques dédiés à l’entreprenariat au masculin.

Inversement, les hommes souffrent d’avoir à gérer la quasi intégralité des responsabilités dans ce domaine. Ce sont eux qui sont nommés directeur généraux, ce sont eux qui deviennent associés, ce sont eux qui doivent renoncer à s’occuper de leurs enfants et c’est encore et trop souvent eux qui se sentent obligés de sacrifier la carrière professionnelle de leur conjointe pour s’astreindre à poursuivre la leur.

Que dire des inégalités de rémunération qui font du chef d’entreprise homme la première victime de l’impôt tout simplement parce qu’il n’a pas eu le privilège de naître femme ?

La société semble avoir réparti le stress et le poids des responsabilités en la seule défaveur des hommes. Rentrer tard, partir tôt, ne pas voir grandir les enfants, assumer le rôle conventionnel et contesté de la figure d’autorité dans l’entreprise, l’homme paye au prix fort les tristes privilèges et les corvées du créateur ou du chef d’entreprise.

Néanmoins et malgré tout, des femmes commencent à se sentir concernées par cette solitude de l’homme désorienté et épuisé d’être ainsi laissé seul aux commandes. Elles ont décidé de l’aider à partager le pouvoir économique en acceptant, en concédant pour certaines à occuper des places dans des postes exposés qu’elles se gardaient bien de prendre en charge autrefois.

Administratrices de société, créatrices de start up, entrepreneures, directrices générales, elles sont aujourd’hui de plus en plus convaincues qu’il faut aider les hommes à s’en sortir et les soulager d’un destin qu’ils n’ont pas choisi. Solidarité, tolérance, ouverture et sens du devoir, aussi. Les créatrices d’entreprises ne sont pas si nombreuses à vouloir assumer, il faut leur rendre hommage.

De cette inégalité dont les femmes sont majoritairement bénéficiaires, j’aurai plaisir à parler avec les invitées suivantes. Elles ont accepté de se battre au côté des hommes sur le difficile front du pouvoir économique et de la création de valeur.

Stéphanie CASSIN, Fondatrice de Biilink Women et présidente du groupe Hubb ; Muriel COUTON Directrice de l’Action Culturelle de la SACD et co-auteur de la plaquette « Où sont les femmes » ; Axelle DAVEZAC, Directrice générale de la Fondation ARC ; Marie EKELAND, Associée chez Elaia Partners ; Thérèse LEMARCHAND Fondatrice de Culture Time et Fondatrice associée de la société Blow Art ; Laurence LE NY, Directrice Musique et Culture du groupe Orange et membre du Conseil National du Numérique.

Table ronde de 15h à 17h, aujourd’hui à la Gaité Lyrique, tous les renseignements ici.